19 mai 2007

AVALLON Saint-Martin

Le 1er mai 1892, l’église Saint-Martin d’Avallon inaugurait un orgue de 12 jeux, l’un des derniers du facteur Chazelle, d’Avallon, dont le buffet, style Louis XIV du à Piron, sculpteur à Dijon, était offert avec l’instrument par la famille Morio-Nageotte ; l’abbé Vosgien, curé de Brienon assurait la prédication lors de l’inauguration par le titulaire, Mlle Juliette, aveugle, ainsi que par le titulaire de l’orgue de l’église Saint-Lazare, également aveugle, M. Joseph.

Dès le début du nouveau siècle, il fallut remédier aux pannes dues à un vieillissement prématuré de la mécanique ; les frères Reygaert, d’Auxerre, le reconstruisirent avec, malheureusement, une traction des notes selon le système alors à la mode : la traction tubulaire pneumatique qui a le très grave défaut de posséder une grande inertie à la répétition des notes, excluant ainsi une bonne exécution de la musique baroque française très riche en ornements. Des réharmonisations malhabiles, l’ajout d’un plein-jeu puissant avaient conduit à faire de cet orgue un instrument au fonctionnement satisfaisant, mais banal et sans caractère. La faible composition de l’orgue, alliée à sa triste qualité sonore ne permettait pas d’envisager l’organisation de récitals.

Le facteur d’orgue a décidé de le tirer de sa médiocrité sonore. Devant la grande hétérogénéité de l’ensemble, il se rendit à l’évidence qu’il fallait reprendre toute l’harmonisation afin d’obtenir un tout cohérent. Déterminer l’orientation finale de cette entreprise n’était pas simple : en effet, le matériel Chazelle existant n’était pas inintéressant, mais trop faible en nombre pour envisager un retour à une conception symphonique.

Le plein-jeu ajouté ces dernières années se prêtant, par sa qualité sonore et sa composition, à la polyphonie baroque germanique, il fut décidé d’orienter la nouvelle harmonisation vers cette nouvelle couleur, en respectant se qui se révélait intéressant : un seul jeu, le dessus de hautbois, a été conservé scrupuleusement.

Le nouveau plan choisi est celui qui existait, mais en modifiant les rapports de puissance : le premier clavier porte le plenum…

Ce premier clavier rééquilibré, il fallut attaquer le récit, tâche difficile à cause de l’état de délabrement de certains jeux. La trompette fut renforcée pour soutenir le plenum du premier clavier. Le dessus de hautbois de Chazelle conservé dans sa belle harmonie ; la voix humaine baroquisée ; la basse de basson transformée en basse de régale douce pour permettre certains trios ; la flûte de 4′ octaviante coupée au ton pour l’éclaircir…

Les gambe et voix céleste furent reposées, simplement nettoyées, leur état général ne permettant pas de modifications. La flûte de 8′… n’a pas été reposée (il faut envisager son remplacement total car elle est composée de parties de jeux n’aynt pas de rapports entre eux).

… Le caractère de l’orgue de Saint-Martin a considérablement changé, il y a gagné une nouvelle cohésion.

12 mai 2007

AUXERRE Saint Eusèbe

Le petit orgue

Plusieurs devis non datés, mais apparemment de 1909, mentionnent l’installation d’un orgue neuf proposé par les facteurs Oscar et Joseph REYGAERT, installés à Auxerre (avec une succursale à Grammont (Belgique). Il aurait eu un seul clavier et un pédalier en tirasse.

Un devis du 7 mars 1909 décrit un orgue à deux claviers et pédalier séparé en chêne cintré et concave. pour une composition au premier clavier de 56 notes

1. Bourdon 16′

2. Montre 8′

3. Bourdon 8′

4. Prestant 4′

Deuxième clavier :

5. Viole de gambe 8′

6. Voix céleste 8′

7. Trompette harmonique 8′

Pédale :

8. Soubasse 16′

Pédales de combinaisons et sous les tirants de jeux 8 boutons de combinaisons.

Le prix de l’orgue serait de quatre mille francs.

Un autre devis du même jour pour un buffet ainsi défini :

«Un buffet d’orgue en bon bois de sapin sera construit selon le plan fourni par le facteur, le tout proprement exécuté.

Dix neuf tuyaux de montre figureront dans ce buffet ; ils seront fabriqués en zinc couvert de bronze d’aluminium.

Le prix de ces travaux est de sept cent cinquante francs…»

auxerresteusbe5.jpg  Photo de 1909. Projet de placer un orgue de choeur.

Un autre devis non daté soumet la même composition mais pour un prix de huit mille cinq cent francs. La transmission sera pneumatique.

Le 18 juillet 1909, Oscar Reygaert écrit de Grammont Belgique, qu’il vient d’expédier une partie de l’orgue à son adresse à Auxerre, 5, rue Joubert.

Le 21 juillet 1909, Ste-Anne LOUZIER, architecte du gouvernement, répond au vicaire général «que c’est au Ministre seul, qu’il appartient d’autoriser un travail, quel qu’il soit, dans un édifice classé.» et qu’il sera certainement appelé à donner son avis ; mais cet avis ne pourra être exprimé sans qu’au préalable il ait été saisi des éléments d’appréciation…

Le 13 septembre 1909, une lettre à en-tête de la Mairie d’Auxerre mais expédiée du Palais Royal par le Sous-Secrétaire d’Etat des Beaux-Arts à Monsieur le Préfet de l’Yonne, autorise le déplacement de cinq stalles, afin de permettre l’installation d’un orgue de choeur…

Le 6 novembre 1909, même en-tête, même expéditeur : «… Or, des difficultés techniques s’étant révélées au moment d’opérer cette installation, le Curé demande aujourd’hui la permission de changer la disposition approuvée et de placer simplement l’orgue dans une chapelle inoccupée, au côté sud du choeur, sans toucher au monument.» L’autorisation est accordée…

auxerresteusbe6.jpg  L’orgue est dans la chapelle St Pierre, à gauche de l’entrée de la sacristie.

L’orgue restera à cet endroit jusqu’en 1930. De cet endroit l’organiste voyait bien le sanctuaire et le célébrant.

Le facteur Reygaert procède au transfert de l’orgue en 1930, pour le placer dans l’arcade prévu en 1909. Entre la console et le buffet d’orgue, il y avait une rangée de stalles [cette rangée a été enlevée, et la console rapprochée du buffet, comme actuellement].

La restauration du Grand Orgue de la tribune était effectuée en même temps. L’inauguration a été faite en 1930, par l’organiste Emile Poillot, de Dijon (organiste de la cathédrale) Mme Barjot étai titulaire des orgues à cette époque.

Qu’en est-il du classement des stalles qu’on n’a pas voulu toucher en 1909 et qui ont été enlevées dans les années 60. Je me souviens de la console avancée en 1966 lorsque je suis arrivé dans le département de l’Yonne (je fréquentais une fille de la chorale, devenue mon épouse 3 ans après…), mais lorsque je touchais cet orgue à la petite messe de 11 h, elle était déjà reculée.

Les notes récentes sont faites d’après les documents d’archives de la paroisse St Eusèbe et sont de septembre 1993.

auxerresteusbe8.jpg  L’orgue actuel.

auxerresteusbe7.jpg

L’orgue d’origine avait fait l’objet d’un don en partie de la succession de Mme Adèle Prudot (Année 1909).

La conception d’origine pneumatique a été modifiée par Masset (1960-1970) ; l’instrument est aujourd’hui electrifié pour la traction des notes.

Composition actuelle :

Grand Orgue 56 notes

Bourdon 16′                       Fourniture III

Montre 8′

Bourdon 8′

Prestant 4′

Récit expressif

Flûte orchestre 8′                Trompette harmonique 8′

Viole de gambe 8′

Voix céleste 8′

Pédale 27 notes

Soubasse 16′ [emprunt Bourdon 16' du Grand-Orgue]

 

9 mai 2007

AUXERRE Saint Eusèbe

Le 11 septembre 1641, le facteur d’orgues Pierre Delatour [Pierre Delatour ou de la Tour, devait faire partie de la famille des facteurs Pierre et Nicolas de la Tour, qui au XVIè s. travaillèrent à Lyon, à Liverdun et en Lorraine] prend l’engagement de faire un petit orgue composé des 9 jeux suivants :

Grand-orgue : R.

Montre 4′                    Tierce                   Voix humaine

Bourdon 4′                   Cymbale

Prestant 4′                  Fourniture

Pédalier : R. 9 t.

Flûte                                                     Trompette 8′

L’exécution de ce travail se justifie par le paiement d’un acompte de 90 livres, payé le 14 avril 1642…

Le 28 mars 1654, nous trouvons un nouveau marché passé, cette fois, par l’organiste auxerrois, Michel Burat. [Ce Burat est sans doute le père de l'organiste parisien Pierre Burat, organiste de St Séverin (août 1680) qui se trouve à Auxerre en 1678 & 1679. Michel Burat, organiste d'Auxerre, se chargera en 1655 de faire construire un orgue dans la paroisse de St Eusèbe, puis de le faire transporter et restaurer (1659-1661). C'est à son nom qu'il passa le marché de cet instrument, qu'il fit construire par les facteurs Oudart Salomon et Claude Lemoyne... Un organiste de province qui était, à cette époque, propriétaire d'un orgue, devait avoir une certaine fortune : Michel Burat semblait d'ailleurs jouir d'une grande influence à Auxerre... En 1657, il vendait à la fabrique de St-Bris-le-Vineux un «jeu d'orgues conformes à celles de St-Eusèbe d'Auxerre, dont le devis est joint à son marché, moyennant 500 l.»] C’est un marché qui touche à la construction d’une «tribune en forme de jubé», et d’un orgue de 10 jeux ainsi composé :

Montre 8′                          Nasard                       Voix humaine

Bourdon 8′                        Tierce

Prestant 4′                        Fourniture III

Doublette                         Cymbale II

                                      Cornet V

Burat était autorisé à démolir l’ancien orgue, et à le prendre pour lui ou à s’en servir pour la construction du neuf, à son gré…Le 17 juin 1655, la réception de l’orgue est faite et donne quitus aux facteurs qui ont ajouté au devis une quinte et un troisième rang à la cymbale. Les travaux supplémentaires sont estimés et payés 60 livres.

Ce même procès-verbal de réception de travaux prévoit l’engagement de Burat comme organiste de la paroisse.

En 1659, il est question de déplacer l’orgue. Plusieurs personnalités sont réinvitées à donner leur avis, notamment Edme Justin, relieur et organiste à Cravant, qui propose de placer l’instrument au-dessus du portail d’entrée.

Deux maîtres maçons «de son altesse royale Mademoiselle» proposent, en 1661, un autre emplacement, au-dessus de l’autel de Ste-Brigitte, à côté du jubé.

Le 27 juin 1661, Burat, une fois de plus, s’engage à transporter l’orgue et à construire une nouvelle tribune, à côté du jubé, suivant la suggestion des maçons. Le 1er septembre, le solde de ce travail est réglé à Burat.

Le 27 novembre de la même année, le R.P. Evrard, Religieux Jacobin, organiste du Couvent d’Auxerre, vérifie et admet, avec Burat, un travail s’élevant à 80 livres fait par Oudart Salomon et consistant en une petite augmentation de la doublette, un cromorne (pour garnir le plein-jeu), et une augmentation de 8 notes à la pédale.

Le 16 juin 1662, les travaux sont revus, et le procès-verbal fait mention d’une nouvelle augmentation de 6 tuyaux de pédales dont on refuse de régler le montant à Burat. Le pédalier a donc, en trois fois, été porté successivement  de 13 notes à 17, puis à 20.

Composition de 1654-1662 : Oudart Salomon & Lemoyne

Grand-orgue : R. 47 t.

Montre 8′                         Nasard                            Cromorne 8′

Bourdon 8′                        Quinte                            Voix humaine 8′

Prestant 4′                       Tierce

Doublette 2′                      Fourniture III

                                      Cornet V

                                      Cymbale III

Pédalier : R. 20 t.

Flûte                                                                     Trompette 8′

L’orgue fut-il démoli en 1733 ? Ou n’en restait-il presque rien à cette époque ? …

«Marché entre les fabriciens de St-Eusèbe d’Auxerre et Mathurin Mabille, entrepreneur, pour démolir  le buffet et balustre d’appui de l’orgue», 28 mai 1733.

LES ORGANISTES DE SAINT-EUSEBE

A St-Eusèbe , Michel Burat tenait les orgues dès 1655 ; il continue jusqu’en 1577, époque à laquelle Germaine Divoire lui succède jusqu’en 1678, date à laquelle Pierre Burat, fils de Michel probablement, signe un contrat de deux années, qu’il ne terminera d’ailleurs pas. Sa mère, Mme Burat (née Anne Lebeau), lui succèdera en 1681, en passant un contrat de 9 années avec la Fabrique. Ses honoraiores sont de 63 livres. En janvier 1694, on procède à la vente de ses biens, ce qui laisse à supposer qu’elle était décédée.

Le 2 novembre 1683, Claude Jossot, organiste à Avallon, reprendra pour son compte le contrat passé avec feue Mme Burat. Le 20 mai 1684, Jeanne Justin, épouse de Jean Catine, est engagée moyennant 86 livres par an, souffleur et chandelle compris. Le marché est conclu pour 9 ans.

En 1723, l’organiste s’appelle Cacheux.

En 1731, le 25 mars, le dernier organiste de St-Eusèbe est Nicolas Lefébure. Un nom prédestiné !

Extraits de quelques documents récents :

Non daté : Devis des charges pour déplacer et réparer l’orgue de l’église St-Eusèbe Auxerre Yonne

Le facteur [REYGAERT Frères AUXERRE (Yonne)] s’engage à démonter l’orgue de tribune et replacer dans la première arcade à gauche, en entrant dans le choeur. Il y sera placé sans faire de modification…

Non daté : Orgue à un clavier manuel et un pédalier en tirasse de 27 notes. 9 jeux…

Non daté : Orgue à un clavier manuel et un pédalier en tirasse de 27 notes. 10 jeux…

7 mars 1909 : Devis pour la construction d’un orgue de choeur : GO 4 jeux ; Récit expressif 3 jeux ; Pédale 1 jeu…

1909-1910 Construction et réglement de l’orgue de choeur, déplacement des stalles pour son installation…

COMPOSITION DU GRAND ORGUE – 1984

G. O. 54 notes

Montre 8′                           Nazard 2’2/3                     Basson-Hautbois 8′

Prestant 4′                         Tierce 1’3/5

Bourdon 16′                        Fourniture IV

Bourdon 8′

Flûte 4′

Doublette 2′

Récit expressif 54 notes

Salicional 8′                       Cymbale III                 Trompette 8′

Voix céleste 8′

Prestant 4′

Quarte 2′

Pédale 30 notes

Soubasse 16′

Basse 8′

Accouplements : Récit/Grand Orgue

Tirasses 1. Grand Orgue – 2. Récit

Appels : 1. Anches Grand Orgue – 2. Anches Récit

Trémolo récit

Pédale de Tutti

Console séparée et retournée de REYGAERT

Traction des claviers : mécanique

Tractions des jeux : mécanique

Tirants de registres : ronds en bois avec porcelaines

Ventilateur électrique, 2 réservoirs à doubles plis //, compensés

4 sommiers diatoniques à gravures fin XIXè s.

Tuyauterie en grande partie de REYGAERT. Importantes modifications effectuées par MASSET. Quelques jeux anciens.

25 novembre 1993 : devis de travaux sur le grand orgue

Travaux sur les souffleries, sur le pneumatique de pédale ; travaux sur le récit et changement de composition ; travaux sur le grand orgue et fourniture de plein-jeu et trompette.

Composition actuelle (2007) :

Prestant à la place de Flûte 4′

Flûte à la place de Doublette 2′

Plain jeu à la place de Fourniture IV

et Trompette 8′ à la place de Basson-Hautbois 8′             au Grand orgue

Bourdon 8′

Flûte à la place de Prestant 4′

Doublette à la place de Quarte 2′

Hautbois 4′ à la place de Cromorne 8′                            au Récit

Tirage des jeux : pneumatique

Toutes les pédales d’accessoires sont à cran avec des porcelaines au-dessus.

auxerresteusbe2.jpg  Grand orgue sans pots à feu depuis 1950

auxerresteusbe3.jpg  Avril 1993

auxerresteusbe4.jpg  Février 1994

auxerresteusbe1.jpg

 

 

29 avril 2007

Auxerre Saint Pierre

Pas de recherches sur le petit orgue

L’orgue d’accompagnement a été construit en 1889-1890 par Paul CHAZELLE d’Avallon.

L’instrument a été légèrement modifié vers 1950 par MASSET de Paris.

Le buffet comprend 3 plates-faces, sans caractère particulier.

Clavier unique, expressif, 56 notes

Flûte 8′     en dehors de la boîte expressive

Bourdon 16′

Bourdon 8′

Prestant 4′

Nazard 2 2/3 ancienne gambe 8′

Trompette 8′

Pédale 24 notes, en tirasse

Tirasse : permanente ; appels anches ; expression par pédale centrale à bascule ; console séparée et retournée ; traction clavier et jeux mécanique ; tirants de registres : bâtons ronds ; alimentation en vent : ventilateur électrique & réservoir à double plis ; sommier diatonique à gravures.

28 avril 2007

AUXERRE Saint Pierre (suite du grand orgue)

Lorsqu’il y a 41 ans, j’arrivais dans l’Yonne à l’issue de mes obligations militaires, je n’étais pas encore organisé. Je ne relevais par les références, ni les dates des documents. J’essaierai dans toute la mesure du possible de réparer ces lacunes…

Donc la document ci-dessous serait de 1895 ou 1901…

LA SEMAINE RELIGIEUSE DE SENS ET AUXERRE

CHRONIQUE DIOCESAINE

… Saint-Pierre d’Auxerre. — A l’occasion de la restauration des grandes orgues par M. ANNEESSENS, il y aura, en l’église Saint-Pierre, jeudi 10 octobre, à 7 heures trois quarts du soir, audition de morceaux d’orgue et salut solennel en musique, avec le gracieux concours de plusieurs artistes auxerrois, sous la direction de M. Henri GOUARD organiste de la paroisse.

La cérémonie sera présidée par M. l’archiprêtre de la cathédrale. La quête sera faite dans l’église par Mme Papavoine et Mme Couturat-Potherat.

auxerrestpierre11.jpg

auxerrestpierre2.jpg Il y a certainement des choses qui n’ont pas plu aux massacreurs qui ont suivi

auxerrestpierre3.jpg  Suite de la marque de L.N.A. Lété

auxerrestpierre4.jpg  Carrés des anciens tirants de jeux

auxerrestpierre5.jpg  Un des tableaux électriques

auxerrestpierre6.jpg  Un autre tableau électrique

auxerrestpierre7.jpg  Console (électrique) de Masset

auxerrestpierre8.jpg  Arrière de la console (vide ! )

auxerrestpierre9.jpg  Ce qu’il reste dans le Positif !!!

auxerrestpierre111.jpg 

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auxerrestpierre14.jpg  Sommier auxiliaire de 3 notes

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auxerrestpierre16.jpg  Soudures TRES grossières !

auxerrestpierre17.jpg  Mêmes restaurations…

auxerrestpierre18.jpg  La fameuse Bobarde « en chéchia »

27 avril 2007

Aujourd’hui, il ne sera pas question d’orgues disparues d’Auxerre ! Sans doute y en eut-il beaucoup ; Auxerre aurait construit 70 églises, dit-on, étalées dans le temps ; il n’en reste qu’un dizaine (anciennes et modernes).

Sauf pour la cathédrale (voir mon premier post), je n’ai comme pour les autres églises de l’Yonne, pas fait de recherches spécifiques. Voici donc quelques documents glanés de ci, de là !

AUXERRE SAINT PIERRE

Cet instrument (le Grand Orgue) a été réalisé vers 1840 par Louis Nicolas Antoine LETE de Mirecourt (Vosges). Il se composait de 3 claviers et pédalier et avait 31 jeux.

En 1857 Paul CHAZELLE d’Avallon, modifie deux jeux, et pose entr’autre une flûte 16′ à la pédale. Lors d’une seconde intervention, en 1862, l’instrument est agrandi et enrichi d’une montre 16′ partiellement en façade. Le récit de 30 notes est porté à 42 et augmenté de 4 jeux.

En 1930, Jules BOSSIER intervient dans l’instrument. C’est alors que disparaissent le plein-jeu du grand orgue et le cor anglais du récit. Suite aux bombardements de 1944, le facteur MASSET de Paris est chargé de le remettre en marche.

Quelques années plus tard, le même facteur électrifie les transmissions, vide le positif. Ainsi 9 jeux sont sacrifiés et les autres malmenés, coupés.

Le buffet a été réalisé en 1840 par des menuisiers auxerrois. Le grand orgue se compose de 3 tourelles et 2 plates-faces. Le facteur Chazelle ajoute 2 plates-faces et 2 tourelles encadrant le beffet primitif. Le positif est composé de 3 tourellesz et 2 plates-faces. En 1963 ce buffet est raccourci de 50cm en profondeur pour loger la nouvelle console et le banc.

Actuellement, l’orgue est en mauvais état et son accès en est interdit. Les plus gros tuyaux de montre ont été descendus et se tassent sur eux-mêmes dans un chapelle du bas-côté.

Composition (1984)

Grand Orgue 56 notes

Montre 16′ (28 bzasses de Lété – 28 de 1953)

Bourdon 16′ (Lété entièrement en chêne)

Montre 8′ (31 tuyaux de façade de Lété, 25 tuyaux de gambe en réemploi)

Bourdon 8′ (Lété, entièrement en chêne)

Flûte 8′ (XIXè)

Prestant 4′ (XIXè)

Doublette 2′ (Lété, entaillée)

Fourniture V (Masset, spotted)

Trompette 8′ (Lété, anches Masset)

Cromorne (Lété, anches Masset)

Cornet V (réemploi tuyaux XIXè)

2ème clavier 56 notes

Principal 8′ (dépareillé, XIX-XXè)

Bourdon 8′ (dépareillé)

Voix céleste 8′ (Bossier, zinc étain)

Prestant 4′ (dépareillé)

Flûte 4′ (XIXè, dépareillée)

Nazard 2 2/3′ (XIXè, dépareillé)

Quarte de Nazard 2′ (dépareillée)

Tierce 1 3/5′ (Masset)

Fourniture III (Masset, spotted)

Bombarde 16′ (dépareillée, placée sur sommiers auxiliaires)

Trompette 8′ (dépareillée, placée sur sommiers auxiliaires)

Basson-Hautbois 8′ (basses modernes, dessus XIXè de réemploi)

Clairon 4′ (dépareillé)

Pédalle 32 notes

Flûte 16′ (Basses de Chazelle, dessus dépareillés XIXè)

Soubasse 16′ (emprunt bourdon 16′ G-O)

Flûte 8′ (Basses de Chazelle, dessus dépareillés XIXè)

Basse 8′ (emprunt bourdon 8′ G-O)

Flûte 4′ – Flûte 2′ (les 2 jeux sont situés dans le positif et fonctionnent grâce à un sommier auxiliaire électro-pneumatique)

Bombarde 16′ – Trompette 8′ – Clairon 4′ (emprunt au récit)

Accouplements ; tirasses ; appels ; ocatves (graves & aiguës) ; expression ; Tutti général

La console de Masset remplace celle en fenêtre de L.N.A. Lété. Le buffet de G-O ayant été avancé de 50 cm pour loger le récit intérieur, le banc de l’organiste est situé dans le positif.

Claviers modernes ; traction des claviers (électrique ou électropneumatique suivant les emplacements) ; traction des jeux (moteur électrique) ; tirants de registres (dominos basculants) ; alimentation en vent ( ventilateur électrique et 3 réservoirs à double plis compensés) ; sommiers (récit : à gravure, chromatique, avec ravalement sur la 1ère octave, provient du positif – G-O : sommiers diatoniques XIXè, sommiers auxiliaires à membrane pour bourdon 16′, trompette & clairon)

Tuyauterie : Lété, Chazelle, Bossier, Masset. L’ensemble de la tuyauterie a été malmené ; notamment le cortet de G-O où 80% des pieds ont été sciés à mi-hauteur et ressoudés en désordre. La bombarde 16′ mérite une mention particulière pour l’agencement des tuyaux de basses dont le tronc de cône supérieur a été scié et retourné pour un gain de place en hauteur, créant ainsi un effet accoustique. (Bombarde en chéchia).

Prochain post : photos relatives à cet orgue.

26 avril 2007

AUXERRE N-D la d’Hors (St Marien)

Le 23 octobre 1659, le notaire royal Aubin YON recevait le contrat par lequel le facteur Oudart Salomon s’engageait, pour 800 livres tournois, à faire un orgue composé de 13 jeux, savoir :

Prestant     4′          Bourdon     4′

Cornet       V           Doublette   2′

Flûte         4′          Quinte

Tierce                    Nasard

Petite Doublette      Fourniture  III

Cymbale    II          Clairon

un clavier manuel, un pédalier (bourdon, trompette, tremblant) ; un buffet à compartiments, devait être fait moyennant 100 livres.

Le 4 octobre 1673, Louis Lebé, facteur d’orgues à Troyes, se chargeait de transporter l’orgue sur le grand portail de l’église, de le réparer et l’augmenter. Lebé devait augmenter la montre, faire un bourdon 8′ bouché, une voix humaine, améliorer le cornet et réparer ou changer pas mal de choses. Tout devait être fini pour la Pentecôte 1674.

Or, le 29 décembre 1674, les Lebé père & fils (Edmé & Louis) étaient toujours là, paressant, buvant et jouant (aux cartes ; ou à autre chose…). Or cela ne faisait nullement l’affaire des Religieux de Saint-Marien, chargés de faire les frais de ce travail au ralenti et de cette transformation de la tribune et du logement des Lebé en un simple tripot. Ils s’en plaignent dans une épître amère et longue destinée aux arbitres. La conclusion normale est une demande d’argent, tant les Lebé sont coûteux.

Le 9 janvier 1675, Louis Lebé, agissant en son nom et comme mandataire de son père, transigeait avec les Religieux pour 400 livres. Quelques jours auparavant, les augmentations faites par les facteurs avaient été éxaminées en détail.

Le 10 janvier 1676, le facteur Claude ESCLAVY, d’Appoigny, examine l’orgue et dresse procès-verbal de sa vérification. Il trouve à  l’instrument des Lebé de nombreuses imperfections.

Malgré ce procès-verbal qui lui est défavorable, Louis Lebé est chargé, le 3 décembre 1677, de restaurer l’orgue, pour le prix de 60 livres, plus sa nourriture et son logement jusqu’au 1er février 1678, jour auquel doit être terminé le travail. Mais les Religieux de Notre-Dame-la-d’Hors ont pris leurs précautions. Ils savent par expérience, que les Lebé ne travaillent pas de façon trop rapide et qu’ils mangent et boivent bien, et ils stipulent cette fois que Louis Lebé devra se nourrir et loger à ses frais après le 1er février. De cette façon le facteur aura intérêt à ne pas faire traîner les choses en longueur.

L’orgue, qui devait être reconnu par M. BURAT, organiste de la cathédrale d’Auxerre, fut effectivement reçu par celui-ci après les travaux de Lebé, qui, chose extraordinaire, furent terminés le 18 décembre 1677.

16 décembre 1677

     Visite des orgues

     Je soubsigne certifie avoir visitte Lorgue de leglise de Nostre Dame de la Dehord dans laquelle tant au sommier qu’aux soufflets je n’ay rencontré aucun deffaut essentiel, Les Thuyaux estant maintenant bien sonnants et d’accord et toute l’orgue ne souffrant aucune altération.

     Je suis pourtant d’advis que si lon y fait un jour un positif lon otte dud’Orgue la tierce le nazard et la fluste po’mettre dans led’positif ettant de trop petite teille po’un grand orgue.

     Et que lon mette dans le plan de lad’fluste une quarte de nazard, et que lon fasse po’led’grand corps une tierce et un nazard de taille aussy grosse quelle le doivent estre. C’est mon sentiment

                                           Ce 18ème décembre 1677

                                                      P. BURAT

L’organiste reconnaissait dans son procès-verbal qu’il n’y avait ‘‘aucun deffaut…’’. Et nous faisons dans le temps un saut de 70 ans pour arriver au 4 mai 1748. L’orgue, qui ne parle plus, est examiné dans tous ses détails par Joseph COTTEREAU facteur réputé. (voir Noyers-s/Serein un peu plus tard sur ce blog). Celui-ci reconnait les jeux, au nombre de 17 (dont 2 à la pédale), et tout ce qu’il faut faire à l’instrument.

Il expose que l’orgue a coûté 4000 livres, qu’il faudrait payer 5000 livres pour en avoir un semblable, et que le relevage coûterait 2000 livres. Il nous donne en même temps une description détaillée du buffet, qui se composait de 5 plates-faces, sans tourelles. Il y avait,  nous dit-il, une grande plate-face centrale (hauteur : 2,97m), 2 plates-faces de 0,99m, entourant celle du milieu, et, aux deux extrémités, deux plates-faces de 1,98m. Le tout était surmonté d’une corniche sculptée, le pied du buffet comportant également des sculptures, une corniche et une frise. Il est malheureusement impossible d’avoir aujourd’hui une idée plus précise de l’instrument, l’église ayant été détruite avec lui.

Un autre facteur, dont le nom ne nous est pas connu, fait à son tour, à une date également imprécise, mais certainement entre le 4 mai 1748 et 1750, un examen de l’instrument et de ce qu’il y faut faire pour le rendre convenable. Il propose de très sérieuses additions, notamment un cromorne et surtout la construction d’un positif (composé de 8 jeux) et de deux claviers nouveaux (récit et positif).

Ses propositions ne seront pas accueillies. Il est très important de souligner ici que ce facteur inconnu ajoute, à la fin de son devis : «si ces messieurs doutent que je puisse mettre trois claviers à leur orgue, j’en ay deux dans une chapelle de M. les Bernardins (nous n’avons trouvé aucune trace de ce couvent), qui sont plus de moitié plus petites, qui ont trois claviers, dont pourront rendre témoignage les organistes qui viendront les toucher et sur lesquels on touche toutes les pièces que l’on veut : le tout à la volonté de ces messieurs». Quel dommage qu’ici encore nous ne sachions rien !

En 1750, le facteur Charles CACHET, de Langres, était chargé, par le Prieur de l’Abbaye, de relever l’orgue dans des conditions analogues à celles proposées par Cottereau, sous cette réserve qu’il devait remplacer la voix humaine par un Clairon.

Le 27 janvier 1755, Cachet reconnaissait, en une valable quittance, avoir reçu 920 livres pour les travaux faits par lui depuis 1750.

1748-1750     AUXERRE.   Notre-Dame-la-d’Hors

G.-O., 48 t. Montre 8 ; Bourdon 16,8 ; Flûte 4 ; Prestant ; Cornet ;

                 Grosse Tierce 3 1/5 ; Larigot 1 1/3 ; Nasard 2 2/3 ; Fourniture IV ; Cymbale ;

                 Trompette ; Clairon.

Echo           Cornet.

Pédale 18 t. Flûte 8 ; Trompette.

Une description beaucoup plus détaillée, avec mesures et état de relevage, pourra peut-être paraître si un site voit le jour. Note de l’auteur.

Sur tous les instruments les claviers étaient en basses et dessus.

25 avril 2007

AUXERRE Les Frères Prêcheurs

Le couvent des Frères Prêcheurs, ou Jacobins, ou Dominicains, abrite aujourd’hui les locaux de la Trésorerie générale. Les bâtiments sont tout à fait modernisés.

Bien que la construction de cet instrument remonte à la première moitié du XVIè s., signalons là cependant et donnons quelques précisions sur cet orgue dont il ne reste rien aujourd’hui.

Le 25 septembre 1632, la facteur troyen Jacques LEBE s’engageait à construire, pour ce couvent, un orgue de 12 jeux, composé comme suit :

G. O.   R   47 t.

Montre 8′     Nasard     Trompette 8′

Bourdon 8′   Cornet III  Voix humaine 8′

Flûte 4′       Fourniture III  

Doublette 2′ Cymbale II

Pédalier   R. 10 t.

Flûte 8′                      Trompette 8′

Tremblant doux

Lebé s’engageait également à augmenter un petit buffet qui se trouvait déjà dans l’église, de façon à pouvoir y loger son instrument. Le prix convenu pour tout l’ouvrage était de 1800 livres tournois. L’orgue devait être rendu parfait et «bien accordante». dans le délai de six mois, mais il n’était pas prévu qu’une réception en dût être faite par expert.

Le 22 mai 1634, plusieurs religieux du couvent reconnaissent que Labé a satisfait au marché, qu’il a fait et parfait les orgues ; ils en sont satisfaits, et donnent décharge au facteur. A cette réception assistaient, outre Lebé, l’organiste de la Cathédrale d’Auxerre, Estienne Lejeune, le maître des enfants de choeur et plusieurs chanoines.

Mais cette réception n’était pas du goût de tout le monde à en juger par les difficultés qui devaient s’élever entre le facteur et les Religieux. En effet, ces derniers, prétendant que l’orgue révèle des malfaçons que certains , font annuler la réception faite par leurs collègues, qui ont agi, disent-ils, sans mandat.

Ceci se passe en 1635. Peu de temps après cette annulation, les Religieux font visiter leur orgue par un facteur demeurant à Sens, dont l’identité ne nous est malheureusement pas révélée (peut-être Duval, peut-être Esclavy). Ce facteur examine le travail de Lebé, reconnait que quelques jeux sont en état, mais reproche à d’autres de n’être pas recevables, spécialement en raison de la défectuosité de leur taille, et détermine les retouches à faire.

Mais l’affaire se corse, car les Religieux entendent non seulement faire réparer par Lebé ce qui n’est pas au point, mais encore retiennent indûment un petit orgue que Lebé a prêté sans doute pour permettre l’accompagnement des offices pendant la construction du grand orgue. Aussi, Lebé, fort de son droit, assigne-t-il les Religieux par l’intermédiaire du procureur Baltazard, en restitution dudit orgue, soutenant avec force que cette restitution est indépendante des malfaçons qui peuvent exister dans le grand orgue, et que ces malfaçons, si tant est qu’elles ne soient pas imaginaires, ne sauraient lui être reprochées, puisqu’une réception a bien été effectuée le 22 mai 1634.

Mais ce procès fatigue Lebé, qui donne à son fils Edme pouvoir de le représenter. Ce dernier assigne à son tour les Frères Prêcheurs devant le bailli d’Auxerre, le 25 juillet 1635.

Ce procès dura la bagatelle de … 16 ans. Nous savions par expérience que ce genre d’exercice était souvent une course de grand fond, mais avec celui-ci, nous atteignons les limites de l’invraisemblable, si l’on tient compte du fait que la difficulté ne roulait que sur une somme relativement peu élevée. Et quand vint la fin de cette affaire interminable, ce ne fut pas, bien entendu, Lebé père qui signa la transaction — car il était mort depuis longtemps — ce ne fut pas non plus son fils Edme, qui avait engagé la seconde instance, mais ce fut son autre fils Jehan. La transaction ne dit mot de la restitution du petit orgue, mais elle met fin au procès par l’accord des Religieux de payer à Jehan Lebé la somme de 400 livres. Il faut supposer ou bien que cette somme représentait la valeur du petit orgue de Lebé père, ou bien que cet instrument avait enfin été restitué et que ces 400 livres étaient la somme restant due à Lebé pour la construction du grand orgue, [La transaction porte la date du 23 octobre 1651 ; l'acte est passé à Troyes, par le procureur des Frères Prêcheurs, et l'approbation de ces derniers est en date à Auxerre, du 7 novembre 1651.] et pour de légitimes dommages et intérêts.

Aparté :

Le pédalier

… Instrument de la seconde Renaissance, la plus grande fantaisie règne dans le nombre de chevilles à faire sonner sous l’action du pied. On sait que demeure la vieille habitude qui consiste à confier à la frappe du pied les quelques notes qui complètent au grave le clavier manuel : deux, trois, quatre, six “trompes” qui mettent en action les gros tuyaux latéraux. Puis intervient le principe de la tirasse : celle-ci utilise quelques chevilles, propres à faire abaisser, sous la pression de la pointe du pied, les notes de base du manuel, auxquelles elles de trouvent reliées, soit par un jeu de vergettes ou de fils de laiton, soit par de vulgaires cordes. Le pédalier en “tirasse” ne comporte aucun jeu indépendant.

Pour le pédalier doté de jeux indépendants, les plus pauvres ne pouvaient guère stimuler le jeu de l’organiste ; ils ont de deux à sept, et huit touches.

On trouve dix notes au pédalier indépendant des Jacobins d’Auxerre (1632)

24 avril 2007

AUXERRE Les Cordeliers

Le couvent des Cordeliers dont il ne reste plus rien aujourd’hui (sa suppression date de 1790), s’élevait à l’emplacement de l’actuel marché couvert (1943) [répertorié 2ème de France et malheureusement détruit pour faire place à un parking en centre ville].

Le 28 mai 1661, le facteur orléannais Pierre BRIDARD [ce facteur nous est signalé à Bourges où il prenait en 1674, la suite de l’organiste parisien Sébastien BURAT, pour entretenir l’orgue de la cathédrale de Bourges] prenait l’engagement de réparer l’orgue de ce couvent, d’en les deux tuyaux qui sont détériorés ou hors d’usage.] de la montre.>

Ce travail fut effectué pour la somme de 30 livres, — le facteur était en outre « norry et couché », et les Religieux étant tenu de faire toutes les fournitures nécessaires aux travaux — après une réception officielle par un expert.

Nous ne connaissons malheureusement ni le nom du facteur de l’instrument, à son origine, ni la composition de ce dernier au moment des réparations faites par BRIDARD.

Procès verbaux de l’administration municipale de la ville d’Auxerre pendant la révolution [par Mr Charles DEMAY].

31 janvier de l’an IV de la liberté (1792) :

Orgue de l’église des ci-devant Cordeliers.

Arrêté que le débris de l’orgue des ci-devant Cordeliers seront mis dans le choeur qui ferme à clef, afin qu’ils ne soient point détériorés par les ouvriers, qui apportent dans l’église des matériaux.

Présentation et 1er orgue

23 avril 2007

Il s’agit d’une petite approche des orgues du département de l’Yonne pour lesquelles j’ai quelques renseignements. La liste n’est pas exhaustive et sera complétée au fur et à mesure de ma collecte d’infos. Le classement est par ordre alphabétique de communes afin de ne pas être pris dans des tris par styles, époques, restaurés ou non, ruines ou rien…

Je suis arrivé dans ce département en 1966 et n’en ai pas encore fait le tour (des orgues). J’ai cependant collecté 1200 pages de documents et 400 photos concernant l’Histoire des orgues de la cathédrale d’Auxerre et le montage de l’instrument actuel. Ceci fait l’objet d’une site en cours d’élaboration et peut-être ferais-je un autre site sur l’histoire des autres orgues du département, car ce sujet n’intéresse pas les éditeurs !

Je me lance :

APPOIGNY Aucun document sur l’orgue de la Collégiale Saint Pierre d’Appoigny.

(1682) Claude ESCLAVY était, de son véritable métier, organaire, c’est-à-dire facteur d’orgues. Il répara en 1663, l’orgue de la cathédrale de Sens et expertisa en 1676 celui de Notre-Dame-la-Dhors (ou Dehors) d’Auxerre. Ces réparations et expertises nous donnent la clé des absences multipliées de l’instituteur-notaire-facteur d’orgues d’Appoigny.

De 1986 à 1989. Un orgue pas comme les autres a été installé dans le sanctuaire, derrière les stalles du choeur. Sa console avait été construite pour la venue du pape Jean-Paul II à Paray-le-Monial (elle est électrique et électronique) et une partie des tuyaux viennent de Bretagne, d’autres étant neufs. L’instrument, fabriqué en France en 1986 comporte 24 jeux sur trois claviers et pédalier. Un projet devait permettre d’actionner les tuyaux depuis la console. Des différents entre l’organiste (donateur de l’ensemble console et tuyauterie), le curé et d’autres personnes sur l’emplacement de l’orgue (jubé, tribune à construire…) et les tuyaux factices (!) ont amené l’annulation du projet. Tout a été retiré fin 1989.

L'orgue d'Appoigny

J’ai eu l’opportunité de toucher cet instrument après une messe de minuit de Noël. L’organiste est à côté.

Depuis début 1990 un nouveau projet est en cours.

 

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