Fete de la Musique

22 juin 2007

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Ce sera tout pour ce jour. Hier soir, j’ai assisté l’organiste.

L’église était pleine

CRISENON

20 juin 2007

CRISENON Commune de Prégilbert

Le facteur Charles CACHET, de Langres, est l’auteur de l’orgue de cette abbaye. Son devis date du 25 octobre 1741 et son exécution en fut achevée deux ans plus tard.

Dans cet instrument, que Cachet s’est engagé à construire pour la somme de 800 livres, payables en 3 foix, le facteur avait disposé un bourdon de 8, une flute de 4, un nasard, une doublette (en montre), une tierce, une cymbale de III rangs, un dessus de trompette et une basse de vois humaine, et un cromorne. Le clavier avait une étendue de 50 notes, il était fait un pédalier de 17 notes, mais en tirasse seulement.

Le buffet, exécuté par Cachet également, comportait deux tourelles (nommées délicieusement « tournerondes ») sur les cotés et une seule plate-face, ornées et sculptées.

Le 17 octobre 1742, Cachet donnait à noble Aimée de Beausoleil, dame abbesse de ladite Abbaye royale, quittance de la somme de 800 livres, l’orgue ayant été reçu, conforme au devis. Et il construisait, avant octobre 1743, un écho pour lequel il lui était alloué un supplément de 150 livres.

Ni cet instrument, ni l’Abbaye qui l’abritait n’existent plus aujourd’hui.

En 1791, on trouve la dernière trace de l’existence de l’orgue. En effet, à cette date, Ch. H. G. A. DEMASSOL, ci-devant seigneur de Toucy-sur-Yonne, adjudicataire de la ci-devant Abbaye de Crisenon, présente vainement une pétition au District d’Auxerre pour etre remis en possession de divers effets mobiliers mis en vente par le District et qu’il prétend faire partie de son acquisition : parmi ces objets, 3 cloches et le petit buffet d’orgue.

Et maintenant, un dernier renseignement : « A Crisenon, ancien monastère de femmes de l’ordre de St Benoit, il ne reste aucune trace des anciennes constructions. Le retable de l’autel de l’ancienne église, sculpté au XIVè, est conservé au Musée Lapidaire de la ville d’Auxerre.

COMPOSITION de 1741-43. Facteur Ch. CACHET

11 jeux

Bourdon    8′                  Nasard                     Trompette 8′ (dessus)

Flute          4′                 Tierce                        Voix humaine (basse)

Doublette  2′                 Cymbale III               Cromorne 8′

Echo

Cornet (?)

Pédale 17 t.

Bourdon 8′

Tremblant fort

NOYERS sur SEREIN

19 juin 2007

NOYERS sur SEREIN Notre Dame

Eglise Notre Dame (Monument Historique), de style gothique flamboyant 1419/1519 : triple nef, transept et chevet de style ogival à 3 pans éclairé par de très hautes fenetres, voutes d’ogives, tour de clocher carrée à gauche en façade, fragments de vitraux 16è ; statues d’art populaire, banc d’oeuvre 16è, gisant pierre 15è, orgue 1740…

… La réparation de l’orgue de Noyers ayant suscité plusieurs offres de divers facteurs, il fut décidé en 1740, que cette réparation serait mise en adjudication. Le tambour de ville fut mùandé et chargé d’annoncer à la population l’évènement. Au jour dit, le 27 avril 1740, se présenta à l’Hotel de Ville de Noyers le facteur Charles CACHET (déjà vu à Auxerre et Crisenon) ; il exposa très en détail, qu’un instrument neuf serait très préférable au relevage de l’ancien, et il proposa de faire, pour 2500 livres, un instrument qu’il aurait la faculté de mettre à la place de l’ancien ou, à son choix, sur une tribune nouvelle à construire.

Cet orgue devait comprendre, sur deux claviers : un prestant de 4, un bourdon de 8, un cornet de V rangs, un nazard, une flute de 4, une doublette, une fourniture de IV rangs, une cymbale de III rangs, une trompette de 8, un cromorne de 8, une voix humaine de 8, un écho de V rangs (de 27 notes). Le buffet sculpté était prévu avec 3 tourelles et 2 plates-faces.

Le meme jour, se présentèrent également 3 autres personnages qui faisaient chacun un prix inférieur. Ce sont Edme BERTHIER, organiste à Noyers, qui demandait 2300 livres ; Jacquin VAUVILLIERS, ancien organiste, qui en demandait 2100 ; enfin, Maurice DROUHOT, menuisier, qui n’éxigeait que 2000 livres. Chacun baissa ses prix, et CACHET l’emporta pour 1350 livres. On n’en était pas encore à l’économie dirigée, on le voit ! (au contraire, et la concurrence n’était pas alors un vain mot).

La tribune sur laquelle se trouvait l’ancien orgue menaçant ruine, Berthier fut chargé d’en construire une nouvelle pour 355 livres. Il s’acquitta de sa mission, ainsi d’ailleurs que Cachet, dont l’orgue fut reçu, le 2 octobre 1741, par Joseph PALAIS, organiste de la Cathédrale d’Auxerre, et Edme Berthier.

Soixante livres furent payées en supplément à Cachet.

Le 17 aout 1747, le facteur COTTEREAU présentait au maire un mémoire des réparations à faire à l’orgue, la plupart des jeux étant à relever ou nettoyer. Cottereau demandait 72 livres pour ce travail, outre 30 livres par an, pour se charger de l’entretien de l’instrument.

Le mémoire de Cottereau fut accepté le 20 aout 1747. Le 4 septembre, le facteur était, par contrat, chargé de l’entretien de l’orgue moyennant 24 livres annuelles.

Trente ans après, le 20 octobre 1778, le facteur auxerrois René COCHU établissait un devis de réparations portant sur le démontage complet de l’orgue, le rétablissement des jeux de fonds, la réparation des anches, la construction d’une trompette neuve de 8, d’un clairon de 4, (à la place de la voix humaine). Il demadait 600 livres. Ces réparations devaient etre faites pour la Pentecote de 1779.

Le 3 mars 1779, après démontage, Cochu constatait qu’il fallait faire des sommiers neufs, les anciens étant hors d’usage. Ce supplément coutait 200 livres ; il fut accepté

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COMPOSITION en 1741. Facteur Charles CACHET

Grand Orgue 48 t.

Bourdon 8′                 Nazard                    Trompette 8′

Prestant 4′                   Tierce                      Cromorne 8′

Flute 4′                      Cornet V             Voix Humaine 8′

Doublette 2′                                                  Cymbale III

Echo 27 t.

Cornet V

Pédale 17 t.

Tirasses

MERRY la Vallée

18 juin 2007

Merry la VALLEE St Vincent et St Fiacre

Eglise reconstruite 15è : double nef à baies plein cintre, tour du clocher moderne ; retable du maitre-autel en pierre 1666 (classé), bas-reliefs avec Descente de Croix et Jésus au jardin des Oliviers, statue de St Eloi 17è (classée)…

L’orgue à 4 jeux a été acheté par la fabrique en 1871 et restauré à la demande de la famille Charles Henrion, par BIZOT en 1961 ; Il est en tribune au fond de la nef au-dessus de l’entrée principale. Il est d’origine indéterminée et pourrait dater du milieu du XIXè. Cet instrument présente de nombreuses similitudes avec celui d’Escamps (Voir un poste précédent).

Les plates-faces sont garnies de chanoines (tuyaux uniquement décoratifs). Son état actuel est médiocre. Sa composition en 1984 : un clavier unique et transpositeur de 54 notes.

Bourdon 8

Prestant 4

Flute 2

Doublette 2

La console est en fenetre derrière l’instrument, les touches naturelles sont en ivoire, les feintes en ébène, la traction est mécanique (jeux et clavier). Les tirants de registres sont des batons carrés de petite section, boutons tournés, porcelaines. L’alimentation en vent était assurée par une pompe à pied, un réservoir à plis parallèles [(situation de 1984) il me semble qu'actuellement (j'ai du voir cet orgue en 2005 (?) il y a une soufflerie électrique 'presqu'aussi bruyante que les jeux de l'orgue']. Les sommiers sont à gravures, chromatiques avec ravalement sur la 1ère octave. La tuyauterie est homogène…

merrylavalle1.jpg

Des vantaux peints ont été rajoutés. Cet orgue mérite des concerts dédiés à son style !

Une meilleure isolation phonique de la soufflerie serait un plus…

MAILLY-le-CHATEAU

18 juin 2007

MAILLY-le-CHATEAU St Adrien

Eglise 13è (Monument Historique) gothique : triple nef de 4 travées, voutes à nervures et triforium, baies en lancettes et colonnettes à chapiteaux dans le choeur, chapelles de la Vierge 14è et de St Etienne 15è, portail 13è, tour carrée 16è ; statue de St Sébastien 14è (classée), bénitier fait dans une ancienne mesure 13è (classé)…

L’orgue vient d’Hoylake en Angleterre et a été installé au début de 1995… Le facteur d’orgues de l’entreprise « Anglo Continental Organs Ltd » a traité cette affaire au mieux des intérets de chacun.Le facteur d’orgues raconte : « J’ai été très chaleureusement accueilli dans la confrérie protestante. Avec l’aide apportée, le démontage n’a nécessité que 2½ jours de travail. Le transport n’a guère posé de problèmes et il me faut une bonne semaine pour le remonter. Ensuite 2 semaines seront utilisées à la finition, aux réglages ou aux éventuelles réparations des tuyaux abimés pendant le transport. Il faudra aussi poncer la peinture datant des années 60 et le repeindre d’une couleur de meilleur gout ».L’orgue a été installé sur un podium afin de l’isoler de l’humidité et ne modifie en rien l’architecture intérieure de l’église.

Caractéristiques de l’orgue : Il a été construit en 1913 par PHILIPS, de la ville de Preston, au Nord-Ouest de l’Angleterre. Il a subi plusieurs restaurations dont la dernière remonte à 1981, suite à un déplacement. 665 tuyaux sont activés par deux claviers et un pédalier. Il possède 13 jeux et les claviers sont accouplables. La transmission est mécanique et la soufflerie électrique. Sa hauteur est de 4,50 m, sa profondeur 3,60 m et son poids de 1 200 Kg.

LIGNY LE CHATEL

14 juin 2007

LIGNY LE CHATEL St Pierre St Paul

Eglise St Pierre et St Paul (Monument Historique), formée de 2 parties : nef romane de 6 travées frustes, bas-cotés et transept, clocher carré 12è à la croisée, vaste choeur de 4 travées Renaissance (1554 à 1574, peut-etre 1624, date inscrite à un pinacle), déambulatoire à chapelles latérales, chevet à 5 pans, voute à clé pendante ; retables 17è sculptés et piscines dans les chapelles du choeur, buffet d’orgue 1610 (provenant de St Pierre de Tonnerre), mobilier et tableaux 17è (classés), Vierge au raisin 16è ; porte de la 1ère chapelle nord donnant sur l’ancien cimetière, décorée par un bas-relief 16è. Vierge de Lorette 16è. Porte monumentale 16è de l’ancien cimetière.

« Le 3 juin 1600, les orgues achetées pour céans ont commencé à jouer et à résonner les louanges de Dieu en ladite Eglise, à matines, à la grand’messe et à vepres »

Cet instrument provient de Notre Dame de Tonnerre; Il fut construit en 1600 par un facteur inconnu. Il devait etre assez malmené pendant tout le XVIIè ; il était alors sans buffet et se trouvait placé au-dessus de la porte latérale de l’église. Il fut réparé en 1618, par le curé de Val-de-Mercy, Louis de CAUMARTIN ; puis, en 1639, par un pretre nommé LUYT [Jacques LEVASSEUR en était l'organiste en 1649]. Un buffet fut commandé en 1705 et installé en 1709. Il en couta 400 livres et une feuillette de vin. Le buffet du positif fut ajouté en 1715 et payé 700 livres. En 1735, le facteur dijonnais DEVEAUX se charge des réparations importantes et touche 600 livres et « une feuillette de vin de la quete ». En 1745, nouvelle réparation relative aux soufflets. En 1763, autre réparation plus importante effectuée par le facteur CACHET, qui reçoit 100 livres pour ce travail. En 1778, le facteur troyen RICHARD relève l’orgue en entier et fait une soufflerie neuve. En 1829, le parisien GADAULT effectue à son tour une importante réparation, pour 3910 francs, qu’il complète en 1830, pour 600 francs (Son fils reprend ses travaux en 1854 et fait pour 1200 francs de réparations). Cet instrument qui passait pour avoir 11 jeux réels, deux claviers manuels et un pédalier, fut vendu, en assez mauvais état, à l’église de Ligny le Chatel en 1883, (L’église Notre-Dame ayant été fermée depuis 1863, à cause de son peu de solidité). Une inscription figure sur le soubassement de l’orgue « Ces orgues datant de 1610 et provenant de Notre-Dame de Tonnerre ont été données par Madame Veuve DA ROCHA MACHADO CORREA (née Pimbet) de Saint Florentin. Restaurées par des souscriptions généreuses et une loterie à laquelle a pris part toute la paroisse, elles ont été inaugurées le 16 juin 1889. » Vers 1889 le facteur CHAZELLE d’Avallon, modifie la structure de l’instrument. Il supprime le positif de dos, installe une console séparée, introduit un récit expressif en réemployant une partie de la tuyauterie ancienne, change les sommiers, la soufflerie. Vers 1925, l’abbé BERNARD, curé de Champvallon, dépose la  tuyauterie du Grand Orgue et l’entrepose à la tribune. L’instrument n’a jamais pratiquement fonctionné et a été définitivement mis hors d’usage lors de l’explosion d’un train de munitions en gare de Pontigny en 1944. Vers 1960, la tuyauterie est mise en caisse par Mr A. MOREAU. Certains tuyaux métalliques du 17è et du 18è sont classés depuis le 9 mai 1980.

COMPOSITION EN 1937

18 jeux

G.O. 56 t.

Montre      8′                       Grand Cornet                       Trompette 8′

Prestant     4′                                ?                                 Clairon      4′

Gambe      8′

Gambe      4′     Les noms de ces trois jeux n’ont pas été identifiés, par

Basse        8′     la personne qui a eu l’amabilité de communiquer cette

Doublette  2′     composition, non plus que la composition du pédalier.

Récit 56 t.

     ?                                                                                         ?

Flute octaviante                                                              Basson     8′

Flute        8′                                                                   Hautbois   8′

                                                                                     Trompette harmonique

                                                                                     Voix humaine

Pédalier 25 t. (Tirasse)

Les tourelles latérales sont surmontées de pots à fleurs.

Un trophée d’instruments de musique surmonte la tourelle centrale.

Un lambris richement sculpté relie les tourelles.

COMPOSITION EN 1984

G. O.

Montre 8    Jeu ancien excepté la façade.

Bourdon 8  Jeu ancien

Gambe 8

Prestant 4  Jeu ancien

Gambe 4

Nazard 2 2/3 Jeu ancien

Cornet V       3 rangs anciens

Trompette 8  Jeu ancien

Clairon 4       Jeu ancien

Récit expressif

Bourdon 8   

Gambe 8

Voix céleste 8

Flute harmonique 8  Basses anciennes en chene

Flute octaviante 4    Jeu ‘particulièrement’ ancien !

Trompette               Jeu ‘particulièrement’ ancien !

Hautbois 8              Jeu ‘particulièrement’ ancien !

Voix Humaine         Jeu ancien

Pédale en tirasse

Accouplements Récit – Grand-Orgue

Tirasses Grande-Orgue – Récit

Appels Anches Grand-Orgue et Récit

Trémolo-Tremblant Trémolo

Expression Récit par cuillère à crans

Console Séparée

Claviers Touches naturelles plaquées d’ivoire, feintes en ébène

Traction des claviers Mécanique assistée par machine pneumatique

Traction des jeux Mécanique

Tirants de registres Batons ronds en bois, boutons tournés, porcelaines situés de part et d’autre du bloc de claviers

Alimentation du vent Réservoir à doubles plis compensés

Sommiers A gravures diatoniques de 1889.

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lignylechtel5.jpg

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En juillet 2003, réunion d’information et création d’une association de sauvegarde des orgues. En aout 2003, composition du bureau provisoire. En septembre, assemblée générale…

 

HERY

13 juin 2007

HERY St Sébastien et St Louis

Eglise St Sébastien et St Louis, autrefois St Germain, reconstruite fin 16è : tour du clocher surmontée d’un hourd, porte unique Renaissance dans un mur sud, triple nef éclairée par des baies Renaissance, voutes d’ogives, pilastres à chapiteaux ioniques, piliers à colonnettes fin 12è dans le choeur.

hry1.jpg On dirait un gros harmonium !

hry2.jpg mais puisqu’on peut l’ouvrir…

hry3.jpg On se rend compte qu’il n’en est rien…

hry4.jpg Toute la tuyauterie est en bois…

à l’exception d’une poignée de tuyaux métalliques (peut-etre l’objet d’une restauration).

La composition est la suivante en basses et dessus :

Trompette Dessus                                                  Flute Dessus

Prestant Dessus             Bourdon Dessus             Doublette Dessus

Flute Basse                     Bourdon Basse               Trompette Basse

Dulciana Basse               Prestant Basse               Doublette Basse

Pas de recherches, mais par contre je peux signaler qu’il y avait, il y a quelques années, une fabrique d’anches d’orgue, dans la commune… du nom de Bertounèche (orthographe à vérifier).

ESCAMPS

12 juin 2007

Voir l’objet de ce blog dans « Entrées précédentes » en bas de cette page et remonter les articles un par un

ESCAMPS Saint Georges

Sur l’orgue je n’ai fait aucune recherche et les photos ont quelques années.

Eglise St Georges fortifiée (Inscrite aux Monuments Historiques) 14è/16è restaurée 19è : tour carrée, 3 nefs éclairées par des fenetres ogivales à meneaux et rosaces 14è, piliers carrés ornés d’arcs en accolade et de pinacles, grand portail cintré 17è ; statues en pierre. Un japonais restaure dix médaillons (1994…). Il existe des fresques sous des couches de badigeon…

 escamps11.jpg La montre est fausse

escamps3.jpg Le levier des soufflets

escamps4.jpg Caisses à rouleaux

escamps5.jpg Autre vue des caisses

escamps6.jpg La tuyauterie !

escamps7.jpg L’arrivée sur la tribune

escamps8.jpg La console !

escamps9.jpg  Autre vue sur la tuyauterie !

escamps10.jpg Un rouleau en place

escamps111.jpg Tirants de registres

escamps12.jpg Autre vue de la console

escamps13.jpg Balanciers de notes

escamps14.jpg Mauvaise vue sur les tuyaux en bois !

Si ce qu’il reste, en très mauvais état, permettait une restauration, lorsque j’ai vu cet instrument, les rouleaux, bien à l’abrit dans des caisses, sont en (très) bon état. Ce sont les accompagnements des chants grégoriens des principales messes…

CHABLIS

7 juin 2007

CHABLIS Saint Martin

Installé en 1879, grâce à la générosité des Chablisiens, il est devenu propriété de la commune à la suite de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. L’entretien a été longtemps assuré par les paroissiens de Chablis…

En 1998-99 changement de 268 tuyaux du prestant et du plein-jeu.

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30 mai 2007

BRIENON sur ARMANÇON Saint Loup

Le chapitre de l’église Collégiale Saint-Loup délibère le 17 juin 1773, sur la reconstruction de l’orgue. Il décide de faire venir un facteur connu et choisit, avant même qu’une visite de l’orgue ancien ait été faite, le sieur Jean-Paul BENOIST, en qualité d’organiste. On promet à ce dernier un engagement de neuf ans, résiliable par période de trois années. Benoist recevra, outre le logement dans la maison de l’église, 100 livres payables par la Fabrique, 20 livres payables par la Confrérie du Saint-Sacrement, et 10 livres payables par le Chapitre…

Le 27 juillet 1773, on décide de passer marché avec le facteur allemand RABINY, le neveu de RIEPP, et installé à Dijon.

Les Rabiny posent un cas complexe. Ils sont deux frères, ou plutôt deux demi-frères, Joseph et Grégoire, neveux de Charles Riepp : Allemands, nés l’un et l’autre à Ottobeuren (1732 ; 1737), exacts contemporains de J. F. Lépine. De ces deux Rabiny, c’est l’aîné qui semble avoir emporté les commandes les plus nombreuses : il faut dire qu’il profita, plus que Grégoire, du patronage de l’oncle allemand, naturalisé français. Curieux destin que celui de Joseph : il construira en Allemagne des orgues à l’allemande et chez nous des orgues françaises. Entre les deux se trouve l’Alsace de J. A. SILBERMANN ; il y fera un séjour assez long en 1770… après une dizaine d’années de vie en France, au cours desquelles il demeure dix-huit mois à Paris où il a découvert la manière de Clicquot. J. Rabiny se transporte en 1762 à Dijon où il se marie et trois ans plus tard fait équipe avec son oncle Riepp… Le départ est bien pris : entre le séjour parisien, l’Alsace, la Bourgogne, il est aisé d’apprendre le métier et l’expérience va permettre d’acquérir une certaine maîtrise. Les chantiers s’ouvrent l’un après l’autre  : (… ), Brienon-sur-Armançon (1774), orgues de la cathédrale de Sens, des bénédictines de Sens et Nevers (avant 1774)… il fut l’un des premiers à utiliser le jeu de viole de gambe signalé par Don Bédos et transmit, avec la tradition, son amour de l’orgue, à son gendre Fr. Callinet.

Les travaux, commencés en février 1774, sont rapidement menés à bien, et, le 5 avril de la même année (un temps record pour la construction d’un orgue neuf, vraiment, ce qui n’est pas sans surprendre ! ), les marguilliers reçoivent l’autorisation de procéder à la réception de l’instrument. Les marguilliers demandent, outre cette autorisation, celle de prendre les mesures convenables pour le paiement, et même d’emprunter. Ils demandent également celle d’accorder au facteur (ce qui constitue ainsi un hommage au talent de ce dernier, sans doute aussi en raison de l’exceptionnelle célérité apportée dans son travail), une gratification de 150 livres pour lui-même, une autre de 24 livres pour ses compagnons et, en supplément appréciable, l’abandon du vieil orgue, « y compris la voix humaine qui est hors d’état d’être remplacée ». Les marguilliers demandent enfin l’autorisation de traiter avec Benoist pour les ouvrages de menuiserie.

Mais tout cela ne nous dit pas à quel prix s’élevait ce travail et quelle en était l’importance.

Revenant à Benoist, l’organiste, le Chapitre ayant trouvé son contrat trop onéreux, le résilie et traite avec le même Benoist, le 2 novembre 1784, pour le prix de 110 livres seulement, cette fois, et pour une durée de dix-huit ans. La diminution des gages était, semble-t-il, largement compensée par la longueur du bail.

Et le 3 nivôse an VIII, Benoist, toujours lui, – mais il est devenu « le citoyen Benoist, organiste et officier de la garde nationale » – jouait « aux orgues l’air du Réveil du peuple« , tandis que l’on carillonait la cloche civique.

Des propos recueillis par la presse locale nous donnent quelques connaissances supplémentaires…

Monsieur Marc CRIE, titulaire de 1931 à 1984 nous dit, entr’autre : « Je ne sais rien de précis sur ses orgines exactes. Il date probablement du XVIIIè ou du XVIIè. Il est possible qu’il soit plus ancien… J’ai retrouvé des tuyaux d’un jeu de tierce contemporain de Clairambault et Balbastre, bien représentatifs de l’orgue français de cette époque. Mais rien ne permet d’attribuer avec certitude l’orgue de Brienon à l’un des maîtres facteurs connus…

La composition était modeste ! Sept à huit jeux répartis sur un seul clavier et un petit pédalier plat…

Il a été considérablement modifié ?

Oui. C’est en 1932-1933 d’abord, puis en 1937-1938 ensuite que Gustschenritter l’a adapté aux besoins des offices et à l’exécution de la musique romantique, en particulier.

Qui était à l’origine de ces transformations ?

Moi-même ! J’ai fait comprendre au chanoine Geste, curé-doyen, lors de mon arrivée à Brienon, qu’il me fallait un instrument complet…

Qu’est donc devenu cet orgue sous son impulsion ?

Un instrument permettant d’interprêter l’ensemble de la litérature musicale. Il comprend actuellement deux claviers manuels et un pédalier complet, une vingtaine de jeux et un récit expressif… » Propos non datés mais probablement de début août 1981.

Un relevage a permis d’heureuses découvertes : … Joseph Rabiny, célèbre facteur d’orgues du XVIIIè siècle, et dont le nom ne peut être dissocié des Riepp et Callinet, les a reconstruites en 1774, en utilisant notamment des tuyaux qui peuvent être attribués au tout début XVIIIè, et modifiant un premier buffet, sans doute de la même époque. C’est sur le biseau d’un tuyau de façade que se trouve confirmée l’information de P. Meyer-Siat, dans son ouvrage sur les Callinet.

Les orgues de l’église de Brienon comportent actuellement (1981 ?) 262 tuyaux anciens, soit près d’un quart de la tuyauterie totale.

brienon1.jpgFaçade

brienon2.jpg  La console depuis la nef

brienon3.jpg  Un flanc

brienon4.jpg  L’autre flanc

brienon5.jpg  Un hommage mérité

brienon6.jpg  La console

Je ne possède pas la composition de l’instrument avant sa restauration prévue depuis longtemps !

Un conseil municipal de septembre 1989 a voté la restauration et un débat a suivi. L’orgue aura une double vocation : cultuelle et culturelle. Il ressort deux idées contradictoires : « A ne pas mettre entre toutes les mains », et « L’utilisation de l’orgue ne doit pas être un monopole de fait ».

Renseignements complémentaires : … tuyauterie ancienne et partie récente (console et mécanique tubulaire 1933)…

 

 

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